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mercredi 31 octobre 2012

Éthique de l'abondance


Plusieurs personnes me posent des questions sur l'éthique de la permaculture ainsi que sur les différentes versions qui nous sont proposées, et l’application de celles-ci dans la philosophie véhiculée par la permaculture. Comme discuté dans l'article et le vidéo ICI, la permaculture est une philosophie, une science et une manière de vivre basé sur une éthique simple :
  • Prendre soins de la Terre;
  • Prendre soins des humains;
  • Créer l'abondance afin de la redistribuer de façons équitables.
L'éthique est un outil qui nous permet de faire les bons choix et d'évaluer les opportunités qui nous sont offertes. Cette version de l'éthique diffère au niveau du troisième énoncé de celle offerte originalement par Bill Mollison dans son livre « Permaculture : A Designer's Manual ». La première chose à considérer est que la permaculture n'est pas statique, mais dynamique, elle continue à évoluer avec les gens qui la pratiquent comme un pattern dendritique (arbre, racine, rivière, etc.).

Je suis dans une branche qui considère que de créer l'abondance et de la redistribuer de façon équitable est une meilleure façon d'exposer l'essence de l'éthique que l’énoncé « Limiter la croissance démographique et la consommation » proposé par Bill Mollison il y a plus de 30 ans. En 2002, David Holmgren y ajoute : « Partager les surplus » dans son livre « Permaculture : Principles and Pathways Beyond Sustainability ». Il démontre déjà ici l'évolution de l'éthique vers l'aspect social que les gens oublient souvent en permaculture. Il reste que de limiter la croissance démographique et la consommation sont des éléments très important dans la stratégie de la permaculture à créer des systèmes durable et regénératifs.

Dans l'éthique de la permaculture, il y a une hiérarchie. Prendre soins de la terre, essentielle à notre survie, inclut les deux éléments suivants. Prendre soins des humains nous rappelle que la permaculture a été créée pour les humains, qui sont à la fois la source et la solution aux problèmes de nos sociétés. Créer l'abondance au lieu de vivre dans un état continuel de manque (imaginaire et technique) qui nous pousse à surconsommer, tout en redistribuant cette abondance de façons équitable, nous permet de satisfaire les deux éléments précédents. Cela est possible sans gaspiller nos ressources, comme le démontre la permaculture à travers ses nombreux principes inspirés des systèmes naturels et ses applications pratiques.

En réalité, nous vivons déjà dans un monde d'abondance. Nous ne sommes pas en compétition pour les ressources, c'est la structure de nos systèmes humains qui cause tout ce gaspillage et ces pertes en utilisant comme prétexte la mode, les tendances, la nouveauté sans considération pour le besoin réel ainsi que la recherche du profit à tout prix. Nos systèmes humains présents ne respectent pas les plus simples principes de la nature tel ne pas produire de déchet. Un mauvais design provoque des pertes, du gaspillage et de l'insatisfaction, et notre système est très mal pensé et pourri dans sa fondation.

Lorsque chacun reçoit sa juste part, on ne cherche pas à avoir toujours plus. Nous parlons d'abondance, mais pas spécifiquement de choses matérielles... C'est aussi l'abondance d'idées, de connaissances, d'expériences, de partage, de bonheur, de satisfaction et de bonne bouffe en bonne compagnie qui nous gardent en santé physique et mentale.

La décroissance conviviale avec la permaculture comme cadre d'application, c'est-à-dire le passage d'une société de croissance continue et de gaspillage à une société frugale de partage et d'équité, est pour moi la seule voix nous permettant d'atteindre une certaine stabilité, mais cela ne peut être possible dans une éthique coercitive.

Nous ne pouvons obliger les gens à vivre dans le « manque » et, quiconque s'est lancé dans une discussion sur le contrôle de la population, se trouve devant une levée de bouclier passionné pour la liberté suivie d'autres arguments sur le résultat de certaines pratiques douteuses en Chine et les droits humains bafoués. Nous voulons plutôt inviter les gens à considérer l'abondance non matérielle comme objectif plus noble et le bonheur de la frugalité procuré à l'humain bien intégré dans sa nature.

Lorsque l'on étudie les statistiques sur la croissance démographique, on s'aperçoit assez rapidement que, plus un peuple est confortable et ne ressent plus un sens continuel de manque, comme nous le vivons en grande partie au Québec, plus la population est stable et même décroissante. La plus grande croissance démographique se passe dans les pays considérés « pauvres » où la situation est difficile à cause de la guerre, passée ou présente, d'un gouvernement oppresseur, ou d'une sécheresse prolongée par exemple. La consommation dans ces pays est très limitée et vise la survie.

C'est le modèle occidental qui est dangereux. On nous répète l’inévitable mantra du développement économique : Croissance et Consommation. On déclare avec exaltation l’avènement d'un mini baby-boom au Québec qui permettra de garder l'économie en marche et nos personnes âgées bien pensionnées. Pourquoi ne pas miser sur le développement d'humains en santés, actifs et bien dans leurs peaux qui pourront profiter de la vie dans son essence tout en contribuant à l'évolution d'une nouvelle vision de l'humain en harmonie avec la nature?
Ne tombons pas dans le piégé de la culpabilité qui mène souvent à l'apathie. Il nous reste à établir des standards de confort mieux adapté à la limite de notre planète et nous rappeler que la permanence et la durabilité sont des valeurs très importantes dans l'atteinte du bien-être. Un recadrage de notre réalité est nécessaire et ce n'est pas les médias de masse appartenant à des conglomérats qui vous donneront l'heure juste. Soyez un agent éclairé et conscient du changement.
Pour conclure, en suivant les principes de la permaculture, nous pouvons créer l'abondance dans nos vies et vivre dans un monde équitable sans gaspiller, surconsommer ou vivre oppressés.
Je vous encourage à examiner comment les principes proposés par David Holmgren vous permettent d'améliorer votre monde dans l'abondance : http://permacultureprinciples.com/fr/

Comme ressource je vous propose le vidéo suivant et une petite visite sur le site du Réseau Transition Québec, mouvement mondial basé sur la permaculture, pour faire le plein d'idée et d'inspiration pour appliquer l'éthique et les principes à votre vie : http://www.quebecentransition.org/

En-Transition 1.0 with French voice-over from Transition Towns on Vimeo.

samedi 29 janvier 2011

Villes et systèmes naturels

Un peu partout dans le monde, la campagne perd sa population au profit des villes et des banlieues. Au Canada, il reste moins de 20% de la population qui habite la campagne et un peu plus de 2% du peuple canadien est actif en agriculture pour nourrir tout ce beau monde.[1] 

Si nous considérons le point de vue de la nature, il n’y n’a rien de plus insoutenable qu’un système qui doit importer la majorité de ses intrants (alimentation, eau potable, matériaux de construction, etc.) et exporter l’ensemble de ses extrants (résidus organiques, eau souiller grise et noir, déchets divers de notre consommation, etc.), afin de rester fonctionnel.

Qu’est-ce qui rend la vie possible en villes

En ville, nos cultures principales sont le béton et le gazon, c'est-à-dire le cancer gris et le cancer vert. Quelle catastrophe, si par un triste hasard, la ville était coupée de ses chaînes d’approvisionnements au niveau alimentaire ou énergétique!

Nous n’avons qu’à penser au chaos provoqué par la crise du verglas[2] de 1998. À cette occasion, nous avons pu constater à quel point nous sommes dépendants des infrastructures modernes qui permettent aux villes d’être viables.

Tous les processus qui rendent la vie possible en ville sont artificiels, demandent beaucoup d’énergie pour fonctionner et produisent énormément de perte énergétique et matérielle. Considérons simplement le paradoxe de l’eau potable. Toute l’énergie dépensée pour purifier notre eau sale afin d’ensuite l’utiliser pour éliminer nos résidus humains en tirant la chasse d’eau.

La récupération de l’eau de pluie serait déjà un pas dans la bonne direction puisque nous éviterions d’envoyer cette eau d’assez bonne qualité aux usines d’épuration.  Nous pourrions entre autres l’utiliser pour arroser nos jardins et remplir nos toilettes. Bien sûr, une toilette à compost[3] est encore mieux si vous avez l’espace pour le faire.

Perte et inefficacité

Je ne surprendrais sûrement personne en parlant des pertes énormes reliées au transport des aliments qui proviennent de tous les coins de la planète. Ce processus peu efficace est seulement possible grâce au bas prix de l’essence, énergie fossile accumulée sur des millions d’années, qui est une ressource finie... La théorie du pic pétrolier[4] et de la descente énergétique à un grand nombre d’adeptes dont je fais partie.

Voici ce que la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux de la Colombie-Britannique (BCSPCA) nous dit sur le transport du bétail : « Au Canada, 2 à 3 millions d’animaux, parfois transportés dans des conditions extrêmes vers les abattoirs, meurent dans les camions annuellement. De plus, environ 10 millions d’animaux deviennent impropres à la consommation, après avoir contracté une maladie, durant la période de transport. Ceux-ci doivent être abattus une fois à destination. » [5] Quelle horreur!

N’est-ce pas inquiétant d’entendre parler de contamination des aliments à la listériose ou de mélamine dans le lait? Pourtant, c’est un résultat direct de l’industrialisation de l’alimentation. Afin de fournir des produits au plus bas prix et pour maximiser les profits de leurs actionnaires, les compagnies coupent les coins ronds en salubrité et en qualité.

L’importation massive nécessaire pour faire fonctionner nos villes a pour résultat une exportation tout aussi massive de la richesse locale. Autour de seulement 7% de chaque dollar dépensé pour notre alimentation, retourne à la communauté. Tout le reste sert à l’emballage, la distribution, la commercialisation, le transport, etc. [6] Le petit producteur, de son côté, arrive généralement à survivre grâce aux subventions gouvernementales et à l’assurance agricole, s’il y a droit.

La nature n’aime pas les pertes… Tout ce qui entre dans un système naturel y est recyclé le plus localement possible. Lorsqu’un ours consomme des petits fruits, il fait ses besoins un peu plus loin dans le boisé ou sur la berge de la rivière. Il dépose ainsi les graines de ceux-ci dans un engrais de haute qualité permettant sans effort de propager la source de son repas.

La résilience de nos milieux de vie

Il me semble évident que nos villes n’ont pas la résilience nécessaire pour faire face au futur, autant au niveau alimentaire qu’au niveau énergétique. Comment donc envisager le futur devant cette réalisation? Ma réponse est bien sûr de s’inspirer de la nature, donc de penser et d’agir localement pour soutenir la communauté. Plus la richesse reste dans la communauté, plus la communauté est vivante et forte.

Les villes et communautés en transition[7] visent ce but en s’inspirant librement des principes de la permaculture. Voici les objectifs des villes qui s’engagent dans ce mouvement mondial :
réduire ses émissions de CO2 et sa consommation d'énergie d'origine fossile selon le Plan d'action de descente énergétique créé par la collectivité et fondé sur une vision positive de son avenir;
retrouver un bon degré de résilience par la relocalisation de ce qui peut l'être et par l'intensification des liens entre habitants et acteurs économiques locaux ;
acquérir les qualifications qui deviendront nécessaires.
Nos banlieues

Nous critiquons souvent les banlieues pour leurs gazons qui consomment trop d’eau et d’engrais chimique, mais aussi pour les déserts alimentaires qu’elles représentent pour ses habitants. Leur mauvais design et l’éloignement des commerces obligent souvent les banlieusards à prendre leurs voitures pour tous leurs déplacements.

Cependant, lorsque l’on considère un ajustement radical au niveau du design, tel l’élimination de tout ce gazon pour y planter de bons légumes et y élever des poules, les banlieues prennent alors une nouvelle orientation beaucoup plus positive pour la communauté qui y habite, mais aussi pour les villes qu’elles ceinturent la plupart du temps. 

Les piscines deviendraient d’excellents bassins pour cultiver des plantes aquatiques comestibles et élever des poissons. Et pourquoi ne pas abattre quelques clôtures et partager nos espaces communs tout en élargissant notre vision.

David Holmgren en fait état en de plus amples détails dans son excellent article « Retrofitting the suburbs for sustainability »[8] et dans une vidéo du même titre disponible sur YouTube.[9]

Qui sait, peut-être que vos tomates et vos oeufs proviendront éventuellement d’une banlieue près de chez vous…

[1] http://www.statistiques-mondiales.com/canada.htm
[2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Verglas_massif_de_janvier_1998
[3] http://www.toiletteacompost.org/
[4] http://fr.wikipedia.org/wiki/Pic_pétrolier
[5] http://www.francvert.org/pages/53dossierreductiondufoodmiles.asp
[6] http://www.sustainabletable.org/intro/comparison/
[7] http://villesentransition.net/  et   http://fr.wikipedia.org/wiki/Ville_en_transition
[8] http://www.energybulletin.net/node/5104
[9] http://www.youtube.com/watch?v=2cjhQWdbqE4

dimanche 12 décembre 2010

AIRPod: Véhicule propulser à l'aire comprimé!



Je suis tombé sur ce site pendant mes recherches et je suis agréablement surpris par le concept. Ce sont des voitures de ville propulsées par de l'aire comprimer.

"Avec une taille réduite, un tout petit prix, une pollution absolument nulle, un design ludique et futuriste, AIRPod marque un tournant dans les gammes de véhicules urbains tout en rénovant l’idée de l’automobile et du transport. On le conduit avec un minimanche (joystick), il ne coûte qu’un Euro pour 200 kilomètres et ne laisse personne indifférent en se faufilant dans les embouteillages."

Visitez le site du fabricant: http://www.mdi.lu/airpod.php

dimanche 12 septembre 2010

Objecteurs de Croissance

Connaissez-vous les Objecteurs de Croissance? Eh bien, j’en suis un. De plus, j’écris pour le journal Objecteurs de Croissance du Mouvement Québécois pour une Décroissance Conviviale. Je vous invite à lire le Manifeste du mouvement au Québec.

Voici un petit documentaire sur le sujet provenant de la Belgique :


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